Par : JJ Yvon THÉRONÉ
Fontamara, mon amour de jeunesse,
Je t’écris ces lignes avec le cœur plein de mal de vivre, plein de réminiscence, plein de nostalgie et l’esprit empli de souvenirs. Je forme le voeu sincère qu’elles te trouvent serein et en douces dispositions.
Fontamara, tu es le quartier qui m’a tendu les bras lorsque j’ai quitté mon village natal pour rentrer à Port-au-Prince. Tu es le quartier où j’ai grandi, où j’ai appris à marcher, à danser, à parler, à causer, à aimer. Tu es le lieu où mon cœur a battu pour la première fois, où mes rêves ont pris forme et où mes espoirs ont été bercés. Tu es ma bourgade d’adoption.
Je me souviens de tes rues paisibles, bordées d’arbres qui semblaient s’étendre vers le ciel comme des bras ouverts, des mains en prière. Je me souviens de tes maisons colorées, aux toits de zinc qui brillaient au soleil, aux fenêtres qui s’ouvraient sur des jardins secrets. Je me souviens de tes marchés, particulièrement celui de La Rochelle et celui d’Anba Mapou, où les marchandes, venant de Grand-Caille, de Ferrier, et d’autres localités adjacentes, vendaient des vivres alimentaires, tels que des tubercules, des fruits et des légumes frais, où l’air était empli de l’odeur de la terre et de la sueur.
Fontamara, tu es le quartier qui a façonné mon âme, qui a sculpté mes manières, qui a nourri mon imagination, qui a bercé mes rêves et éveillé mes aspirations. Tu es le lieu où j’ai découvert la beauté de la vie, où j’ai appris à apprécier les petites choses, où j’ai compris que le bonheur se trouve dans les moments simples.
Mais Fontamara, tu es plus que cela. Tu es un symbole de la résistance, du stoïcisme, de la solidarité et de la communauté. Tu es un lieu où les gens se connaissent, où les portes sont toujours ouvertes, où les sourires sont sincères. Tu es le quartier qui m’a appris à aimer, à partager et à donner.
Aujourd’hui, je suis loin de toi, mais tu es toujours présent dans ma mémoire, dans mon cœur. Je me souviens de toi avec tendresse, avec nostalgie, avec amour. Je me souviens de tes rues, de tes maisons, de tes championnats de vacances, de tes ambiances, de tes gens, de tes moments de liesses à Noël et pendant les vacances d’été. Je me souviens de tout ce que tu m’as donné, de tout ce que tu m’as appris.
Fontamara, tu me manques. Tu me manques comme un enfant qui a perdu sa mère, comme un oiseau qui a perdu son nid. Mais je sais que tu es toujours là, que tu es toujours vivant, que tu es toujours beau. Et c’est cela qui me donne la force de continuer, qui me donne l’espoir de te revoir un jour. Et ce jour viendra.
Je t’écrirai encore, Fontamara. Je t’écrirai pour te dire que je t’aime, que je te porte dans mon cœur, que je ne t’oublierai jamais.
Bien cordialement !
Ton fils adoptif.
JJ Yvon THÉRONÉ




